Organisée par
Dialog Health, cette mission avait pour objectif d’identifier des approches innovantes, centrées sur le rétablissement, la participation des personnes accompagnées et l’ancrage territorial des dispositifs.
Cette mission d’étude, menée entre la France et la Belgique, a permis aux participants de découvrir des organisations de référence, illustrant la diversité des réponses apportées aux enjeux contemporains de la psychiatrie et de la réhabilitation psychosociale.
Lille et Bruxelles : droits, communauté et rétablissementDu lundi 17 au mercredi 19 novembre, la délégation s’est rendue à Lille et dans la périphérie bruxelloise.
La première visite s’est tenue au
Centre Collaborateur de l’OMS pour la recherche et la formation en santé mentale (CCOMS), rattaché à l’
EPSM Lille-Métropole. Seul centre français labellisé par l’OMS en santé mentale, le CCOMS joue un rôle clé dans la diffusion d’approches communautaires, le respect des droits et la participation des usagers. À travers ses programmes (QualityRights, médiateurs de santé pairs, formations universitaires, recherche et coopérations internationales), il agit comme un trait d’union entre recommandations internationales et pratiques de terrain.
La délégation a ensuite rencontré
HermèsPlus, et plus particulièrement le dispositif
TandemPlus, équipe mobile de soins de crise intervenant directement auprès des personnes en détresse psychique. Cette approche vise à prévenir l’aggravation des situations de crise par une intervention rapide, coordonnée et adaptée, favorisant l’orientation vers des soins appropriés.
La visite de la
Communauté thérapeutique Wolvendael a permis de découvrir un modèle fondé sur la vie collective comme levier thérapeutique. Participation active au quotidien, responsabilités partagées, admission volontaire et progressive, accompagnement sans hiérarchie apparente : autant de principes qui soutiennent une philosophie du rétablissement ancrée dans l’autonomie, la continuité et l’inclusion.
La délégation a également rencontré les équipes du
Le Gué, un projet dont l’histoire illustre la transformation progressive d’une initiative de loisirs en véritable pilier communautaire et thérapeutique. Malgré les contraintes actuelles, Le Gué démontre combien un accompagnement inscrit dans la vie quotidienne peut transformer durablement les parcours.
À Lille, les échanges avec l’
EPSM Lille-Métropole ont mis en lumière une transformation profonde de la psychiatrie : ouverture vers l’ambulatoire, ancrage territorial fort et structuration régionale de la réhabilitation psychosociale. Une approche centrée sur les besoins des personnes, au-delà des diagnostics. La visite du centre de proximité de réhabilitation psychosociale
La Boussole, rattaché à l’EPSM, a illustré un modèle de réhabilitation de proximité fondé sur des parcours personnalisés, l’intégration progressive des médiateurs de santé pairs et la co-construction des projets de vie.
Lyon : virage ambulatoire et intervention précoceLe jeudi 20 novembre, la délégation s’est rendue au
Centre Hospitalier Le Vinatier, à Lyon. Cette étape a mis en évidence l’un des virages ambulatoires les plus avancés en France, avec un redéploiement massif vers des équipes mobiles, des dispositifs de crise renforcés et une réduction significative des durées d’hospitalisation. Les échanges ont notamment porté sur le service
PEPS, spécialisé dans l’intervention précoce des troubles psychiques émergents, et sur la stratégie institutionnelle
CAP 28, qui promeut la participation active des usagers et des modes de gouvernance plus horizontaux. Une immersion au CMP / CATTP Adultes Villette (Lyon 3) a permis de mieux comprendre la psychiatrie de proximité et l’articulation quotidienne entre soins cliniques, accompagnement psychosocial et travail territorial.
Montpellier et Nîmes : rétablissement, précocité et psychiatrie hors les mursLa dernière étape de la mission s’est déroulée à Montpellier et Nîmes.
À Montpellier, la délégation a visité le
C2R Jean Minvielle, centre de réhabilitation psychosociale résolument orienté rétablissement. Le C2R se distingue par une approche collaborative plaçant la personne au cœur des décisions, avec pour finalité la construction d’un parcours de vie choisi, au-delà de la seule réduction des symptômes.
À Nîmes, la rencontre avec la
Villa Orygen, intégrée au
CHU de Nîmes, a permis de découvrir un centre de référence nationale en intervention précoce et réhabilitation psychosociale pour les jeunes adultes présentant des troubles psychiques émergents. La délégation a également exploré le dispositif innovant
PsyTRUCK 3.0, un bureau mobile de santé mentale facilitant l’accès aux soins par des actions de repérage, d’évaluation et d’orientation directement dans les lieux de vie.
Cette mission d’étude a permis aux professionnels de la Fondation John BOST de confronter une grande diversité de
modèles de réhabilitation en psychiatrie, en France et en Belgique.
Des approches communautaires aux dispositifs d’intervention précoce, du logement accompagné à la psychiatrie hors les murs, cette semaine de visites a mis en évidence des pratiques innovantes, centrées sur le rétablissement, la participation des personnes et l’ancrage territorial, offrant de nombreuses sources d’inspiration pour faire évoluer les pratiques professionnelles.